Présentation

Deux hommes, dans un pays dévasté par la guerre, brûlent les morts. Une femme, laissée pour morte, se relève. Ils la nourrissent, prennent soin d’elle. Elle se joint à eux pour entretenir le bûcher. Elle ne parle pas, ne parle qu’aux morts.

Couv Cendresmains
Extrait

Fossoyeur 1 : Raconte encore.

Fossoyeur 2 : C’est comme je te l’ai dit.

Fossoyeur 1 : Oui, mais raconte encore une fois.

Fossoyeur 2 : Ça commencera d’un coup. Une bourrasque sans prévenir. Il n’y aura eu aucun signe. Rien pour nous préparer. D’un seul coup. Une rafale énorme. Puis une autre. Le vent, comme autrefois. Pire qu’autrefois. Nous serons soufflés. Tout volera. Il faudra s’accrocher aux pelles pour ne pas tomber. La fumée tourbillonnera. Il y en aura partout. On ne verra plus rien. On ne s’entendra plus. Il faudra se crier dans les oreilles. Le vent augmentera encore. On s’accrochera l’un à l’autre. Il emportera tout. La fumée. Le cabanon. Nos pelles. Les arbres même, là-bas, seront déracinés. Et les corps aussi. Tu verras les corps s’envoler. Comme de simples feuilles. Balayés comme ça. D’un coup. Emportés sur d’autre terres. Lointaines. Il n’y aura plus rien. Nous serons seuls. Toi et moi. Accrochés l’un à l’autre. On ne se grattera plus. On sera bien.

Fossoyeur 1 : On ne sera plus coupables ?

Fossoyeur 2 : Coupables de rien, non. Juste réconciliés avec le vent. Ébouriffés et contents.

Mise en scène

2001
 : Création dans une mise en scène de Jean-Marc Bourg à la Chartreuse de Villeneuve lez Avignon, puis à Théâtre Ouvert (Paris).
2007 : Mise en scène par Patrick Sueur et Paule Groleau à Bouloire (Mayenne).