Présentation

Salina aime le jeune Kano mais c’est à son frère, Saro, que le clan Djimba veut la marier. Elle tente d’imposer son désir, en vain. Le malheur est sur elle. Le mariage a lieu et la vie qu’elle avait espérée, doucement, lui échappe. Commence alors, pour Salina, le cycle des vengeances, dans la rage et la démesure.

Organisée en un triptyque, “Le sang des femmes”, “La dernière vertèbre” et “Le don des larmes”, Salina est du même souffle que La Mort du roi Tsongor (prix Goncourt des lycéens 2002).

Un récit – théâtral par ses multiples voix – qui emprunte à l’antique sa violence et ses mythes.


Extrait

Sissoko Djimba : Ce jour-là, je me rendais à la rivière pour m’y baigner.
Je suis tombé nez à nez avec un guerrier.
Il était là, devant moi.
C’était un homme achevé,
Au regard perçant, au visage fermé.
Son corps était ceint de sangles de cuir.
Il portait à la main le fer takouba.
Ce vieux fer que nous tenions de nos ancêtres
Mais que personne n’utilisait plus pour se battre.
Je me souviens de ce visage.
Il était là, immobile, face à moi.
Je ne savais que faire.
Je ne pouvais bouger.
C’est alors qu’il prit la parole et me dit :
« Je suis Kwane N’Krumba, fils de Salina,
Enfant de sa colère.
Je me suis nourri de ses seins gonflées de rage
Et j’ai grandi plus vite que les hommes.
je suis Kwane N’Krumba, fils de ma mère humiliée,
Et je viens te tuer.

Mise en scène

2006 : Création dans une mise en scène de Vincent Goethals, au Théâtre National du Nord (Lille).
2007 : Mise en scène de Farid Paya au théâtre du Lierre, à Paris.