Présentation

Raïssa est une jeune fille qui vit dans les collines de la campagne algérienne. Elle est maudite. Sa mère est morte en couches, ce qui la souille à jamais. Elle porte en elle cette faute originelle.

A travers trois générations de femmes (Raïssa, Léïla et Saïda), à travers trois époques différentes de l’histoire de la France et de l’Algérie, la malédiction se perpétue. Elle se décline sans cesse sous un nouveau visage : la guerre, l’émigration, la montée du fanatisme.

La lignée de Raïssa traverse ces tourmentes. Chacune de ces femmes lutte contre l’histoire, essayant d’échapper aux coups du sort qui renversent tout. Chacune, tour à tour, pousse le cri de révolte et de combat des sacrifiées.

Laurent Gaudé a choisi de raconter le destin de trois générations de femmes qui traversent la seconde partie du XXe siècle. A leur chant tragique répondent en écho les chœurs des soldats, des émigrés et des villageois.


Extrait

Raïssa : Regarde,
Regarde, ma fille,
Regarde ma main dans la tienne.
Tu ne ressembles pas à ce que j’étais.
Tu as les doigts fins
Et les ongles faits.
c’est bien.
Tu es belle.
Tu es belle comme je ne l’ai jamais été.
Je te suis, ma fille.
Je te suis jusqu’à Alger.
Je ne parlerai plus.
Je ne ferai que te regarder.
Je te transmets le combat, ma fille.
Je te transmets la tête haute et le regard droit.
La vie nous a usées mais elle ne viendra pas à bout de nous.
Je te transmets mes souvenirs de juillet,
L’ivresse de la foule,
Le sourire des gamins,
Les youyous qui illuminaient la nuit,
Brouhaha immense de joie.
Je te transmets la rage du combat.
Pose,
Pose, ma fille,
Pose ta tête sur mon sein
Et sens ma fierté tout autour de toi.

Mise en scène

2004 : Création dans une mise en scène de Jean-Louis Martinelli au théâtre des Amandiers à Nanterre, puis à la comédie de Genève.
2008 : Création de l’opéra « Les Sacrifiées » sur une musique de Thierry Pécou, et dans une mise en scène de Christian Gangneron, à la Maison de la Musique de Nanterre, puis au théâtre Silvia Montfort.