Présentation

Un homme, que la dureté de la vie dans un pays dirigé par l’arbitraire et la corruption pousse à bout, s’immole au milieu d’une rue. Ailleurs, dans la même ville ou peut-être pas, un enfant devient peu à peu aveugle. Le premier est l’étincelle qui embrase les foules, la goutte d’eau qui devient un torrent de contestation sans frontière qu’on appellera le “printemps arabe”. Le second sera érigé en symbole de la révolution qui ne laisse personne derrière elle.

 
Extrait

Comment ça saute les frontières, grandit, s’étend, mois après mois, transformant les pays en jeu de quilles…
Tunisie, Égypte, Libye, Yémen, Syrie, Maroc, Bahreïn,
Comment ça court, si grand et si commun à tant de gens… Est-ce que c’est possible une foule de sept pays ? Est-ce que c’est possible sept peuples qui poussent le même cri ?
Comment les journées se suspendent, partout, pour n’être plus qu’attente de manifestation,
Et la jeunesse qui descend dans les rues apprend à faire des pancartes, se confectionne des masques contre les gaz lacrymogènes.
Comment la conviction se transmet, faisant de chacun non plus un dépité en colère, mais un citoyen qui manifeste.

Mise en scène
Ce texte a été écrit pour quinze élèves de la promotion 2018 du Conservatoire national supérieur d’Art dramatique (CNSAD). Jean-Louis Martinelli en a fait la mise en scène aux présentations publiques du Conservatoire, en novembre 2017.